PARIS. Combien de personnes croisons-nous en une journée ? Combien d'inconnus frôlons nous ? Dans combien de vies faisons-nous des apparitions ? Les destins se croisent.
La vie, c'est comme la foule dans les couloirs de métro. Du moins, selon Emilie et moi. Les gens se croisent, plus s'eloignent, parfois sans même un regard. Certains montent dans les wagons, d'autres restent sur le quai. Parfois on se trompe de ligne. On se perd. Il y a les gens pressés, ceux qui poussent les autres, et ceux qui flânent. Il y a des stations dégradées, et d'autres fraîchement rénovées. Parfois on sort, on se fait contrôler sans billet. Certains y vont les mains dans les poches, d'autres sont chargés par de nombreuses valises. Il y a ceux qui téléphonent, ce moquant de déranger les autres, certains s'isolent avec leur baladeur. Il y a les bandes de jeunes, et des SDF seuls qui cherchent un peu de chaleur et de compagnie. Il y a des jeunes, des personnes agées, des riches, des pauvres, des Francais, des étrangers...
Et finalement, nous cherchons tous la sortie.
C'est brumeux ces temps-ci. Elle a toujours été brumeuse de toute facon, c'est lui qui lui a dit. C'est un de ces jours où on ne sait même plus quel est notre prénom. Alors on fuit, on fuit, comme toujours. Et on se dit que demain tout ira mieux. Peut être. On s'assoit sur un banc et on regarde les gens passer, on les regarde qui se pressent dans leur vie minutée, où chaque seconde compte. Et on est là à craindre la seconde suivante, celle qui changera tout, positivement, ou non. C'est une tempête, elle est bruime, elle est brouillard.
On a tous un jour ressenti l'envie, ou bien le besoin de s'enfuir. De tout laisser en plan, et de recommencer, ailleurs, d'avoir une nouvelle chance. Et si on la saisissait ? Et si on suivait ses envies, si on decidait de faire de ca vie la réalisation de nos rêves ? Je pars. Juste un an, comme ca, parce que j'ai besoin d'air.
" On biaise, on s'arrange, on a notre petite lâcheté dans les pattes comme un animal familier. On la caresse, on la dresse, on s'y attache. C'est la vie. Il y a les courageux et puis ceux qui s'accomodent. C'est tellement moins fatiguant de s'accomoder..."
*Anna Gavalda Je l'aimais"
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